Les auteurs racontent: "So it happened. We have officially withdrawn a paper accepted for publication in a scientific journal because of editorial requests to remove language deemed out of compliance with executive orders."
criticalpublichealth.org/blog/…
L'article devait être publié dans "Public Health Reports, the official journal of the US Surgeon General and the US Public Health Service" mais les dernières révisions ont réclamé des suppressions des mots interdits "in order to comply with the Executive Order". Les mots en question étaient tout à fait périphériques au sujet de l'article et pouvaient être omis sans changer la teneur principale de l'article.
Face à une requête déraisonnable et injuste, mais qui dans ce cas particulier est sans conséquence, faut-il accepter (pour avoir la paix, puisque dans ce cas là
... Show more...Les auteurs racontent: "So it happened. We have officially withdrawn a paper accepted for publication in a scientific journal because of editorial requests to remove language deemed out of compliance with executive orders."
criticalpublichealth.org/blog/…
L'article devait être publié dans "Public Health Reports, the official journal of the US Surgeon General and the US Public Health Service" mais les dernières révisions ont réclamé des suppressions des mots interdits "in order to comply with the Executive Order". Les mots en question étaient tout à fait périphériques au sujet de l'article et pouvaient être omis sans changer la teneur principale de l'article.
Face à une requête déraisonnable et injuste, mais qui dans ce cas particulier est sans conséquence, faut-il accepter (pour avoir la paix, puisque dans ce cas là ce n'est qu'un changement très mineur) ou refuser (par principe)?
El Duvelle
in reply to Claire Mathieu • • •😱 Depuis quand un gouvernement peut-il décider de ce que les scientifiques peuvent ou ne peuvent pas publier??
Since when can governments decide what should be published or not by scientists??
Resist the censorship!!
#UsPol #Science #ScientificPublication
Claire Mathieu
in reply to El Duvelle • • •@elduvelle J'ai récemment parlé à un collègue aux US qui a de lui-même demandé qu'on change le titre de son exposé -- il ne contenait pas de mot de la liste des mots interdits, mais un mot dont il craignait qu'il ne soit ajouté à la liste, et que cela ne compte contre lui pour sa prochaine demande de contrat.
De tels petits arrangements peuvent sembler inoffensifs (ou même prudents), mais ils sont délétères pour l'avenir.
Le Néandertal sous benzo
in reply to Claire Mathieu • • •El Duvelle
in reply to Le Néandertal sous benzo • • •Bientôt on y verra " je promets que je ferai ce qui est en mon pouvoir pour supporter un environnement hostile, discriminant, sexiste et raciste " 👍🙃
Jean-Bi au BIOS Boisé
in reply to El Duvelle • • •El Duvelle
in reply to Jean-Bi au BIOS Boisé • • •ça n'est pas du tout la même chose.. Lorsque l'on publie en France ou ailleurs on ne vérifie pas une liste de mots interdits à ne pas utiliser dans l'article!
@clairemathieu
Jean-Bi au BIOS Boisé
in reply to El Duvelle • • •El Duvelle
in reply to Jean-Bi au BIOS Boisé • • •@nojhan
Je ne suis pas d'accord, du tout :)
Oui, il est vrai que pour obtenir des financements de recherche on doit s'adapter un minimum aux thèmes nationaux. Mais cela n'empêche pas de faire des projets parallèles sur exactement ce que l'on a choisi, et de les publier avec le language de notre choix, et une fois que le financement est obtenu les chercheurs ont toute latitude pour décider de l'implémentation des projets. Même un chercheur CNRS sans financements autre qu'un salaire peut choisir de travailler sur les sujets de son choix. Personne ne contrôle les sujets de recherche qui sont publiés et personne ne filtre en fonction de l'idéologie du gouvernement actuel, en Europe en tout cas.
Dire que c'est la même chose est une manière de minimiser ce qu'il se passe aux US alors qu'on devrait au contraire le dénoncer de manière très claire!
Jean-Bi au BIOS Boisé
in reply to El Duvelle • • •@elduvelle Je ne suis pas d'accord du tout non plus.
Les états européens censure de fait les sujets de recherche, car (à part les informaticiens), pas grand monde ne peut bosser sur son seul salaire, et il n'y a en pratique plus de fonds propres.
Refuser de le voir, c'est refuser de voir comment ce qui est arrivé aux USA va arriver en europe. On a laissé faire la destructuration de la recherche libre avec les outils que les fascistes ont beau jeu d'utiliser maintenant.
Damien Goutte-Gattat
in reply to El Duvelle • • •@El Duvelle @Claire Mathieu Ça va encore plus loin que de décider de ce que les scientifiques peuvent publier.
Le décret 14168 a aussi forcé le National Cancer Institute à supprimer du NCI Thesaurus (NCIT) tous les termes relatifs à l’identité de genre (exemple : evsexplore.semantics.cancer.go…).
Or le NCI Thesaurus, c’est l’une des principales ontologies utilisées dans le domaine biomédical (pas seulement la cancérologie, contrairement à ce que le nom pourrait faire croire) pour représenter des données cliniques.
Concrètement, pour tous les projets de recherches qui dépendent du NCIT, il n’est désormais plus possible de représenter dans leurs données la seule existence de personnes transgenres.
El Duvelle
in reply to Damien Goutte-Gattat • • •Damien Goutte-Gattat
in reply to El Duvelle • • •@El Duvelle
Oui. Je pense que cette « collaboration en avance » peut s‘expliquer de deux manières (pas nécessairement exclusives) :
1) La collaboration a été imposée (ou, du moins, fortement recommandée) par le service juridique de l’éditeur, dans l’espoir de se protéger de toute tentative de poursuite pour violation du décret. C’était hélas prévisible, et il est quasi-certain que l’administration Trump comptait précisément sur ce genre de comportements (tous les régimes autoritaires comptent au moins en partie sur ces r
... Show more...@El Duvelle
Oui. Je pense que cette « collaboration en avance » peut s‘expliquer de deux manières (pas nécessairement exclusives) :
1) La collaboration a été imposée (ou, du moins, fortement recommandée) par le service juridique de l’éditeur, dans l’espoir de se protéger de toute tentative de poursuite pour violation du décret. C’était hélas prévisible, et il est quasi-certain que l’administration Trump comptait précisément sur ce genre de comportements (tous les régimes autoritaires comptent au moins en partie sur ces réactions d’auto-censure).
2) Hypothèse plus sombre : quelqu’un chez l’éditeur pensait depuis déjà longtemps que toutes ces histoires de diversité, inclusion, racisme systémique, identité de genre et autres concepts « woke », ça commençait quand même à bien faire, et cette personne se fait maintenant un plaisir de pouvoir dire tout haut ce qu’elle a toujours pensé tout bas.
El Duvelle
in reply to Damien Goutte-Gattat • • •J'ai du mal à croire à 2), même pour un anti-DEI extrême les "mots interdits" sont tellement stupides.. par exemple "female" est interdit (mais pas "male") ce qui n'a rien à voir avec le DEI..
Enfin, peut-être, dans ce cas précis il semble qu'ils aient laissé passer "female" donc 🤷
Zack
in reply to Claire Mathieu • • •Zack
in reply to Zack • • •Claire Mathieu
in reply to Zack • • •@zack C'est précisément le sens de ma question. Pour nos collègues ce jour est déjà là.
Il me semble que c'est là que les réponses collectives, si elles pouvaient s'esquisser, auraient le plus de valeur.
Individuellement, le choix a peu d'impact sur la société et les conséquences individuelles sont potentiellement graves, mais collectivement c'est le contraire je crois. Mais pour cela il faut agir de façon unie, et comment construire une réponse collective lorsque le cadre n'existe pas ?