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Un journaliste palestinien dépose plainte contre un Ucclois pour crimes contre l’humanité à Gaza - Le Soir
Article réservé aux abonnés - 17-06-2026
Le journaliste palestinien Mohammed Alhelou, ainsi que l’ASBL Hind Rajab Foundation, ont déposé plainte contre A.B., un Belgo-Israélien identifié comme sniper d’un bataillon de l’armée israélienne. Ils accusent l’Ucclois de violations graves du droit international humanitaire.
Mohammed Alhelou, Palestinien de 24 ans, était journaliste à Gaza, avant de se réfugier en Europe. Caméra ou iPhone à la main, il a largement documenté la guerre menée par Israël, et plus précisément les mois de terreur vécus dans ou à proximité de l’hôpital Nasser, à Khan Younès. Entre novembre 2023 et février 2024, il y suit la vie des réfugiés, des médecins, des patients, qui vivent sous les bombes et les tirs de l’armée israélienne.
Tout ce travail documentaire, il le poste sur ses réseaux sociaux – il a notamment 137.000 followers sur Instagram – au péril de sa vie. A plusieurs reprises, comme il le montre au Soir sur des vidéos sur son smartphone, il essuie des tentatives de tirs, voit des proches tomber. Lors d’un reportage, il est même directement touché par un tir de sniper, après avoir été visé à plusieurs reprises, malgré le port de son casque et gilet « PRESS ». C’est à ce gilet, probablement, et à un peu de chance assurément, qu’il doit la vie. La balle se loge en effet, sans le toucher directement, à hauteur de son épaule droite dans le gilet pare-balles.
Après ces mois sur le terrain, le jeune Gazaoui quitte, forcé, son territoire natal, et fuit vers les Pays-Bas, où il vit actuellement comme demandeur d’asile. Là, il se met en recherche de relais juridiques, car il veut pouvoir porter plainte contre les responsables de la mort de son petit frère, tué à 14 ans, et cela devant un tribunal international. Un contact l’amène alors vers la Hind Rajab Foundation (HRF). Cette ASBL de droit belge, fondée par le militant politique controversé Dyab Abou Jajah, a notamment dans son objectif social de « défendre les membres de la diaspora palestinienne dans leur lutte pour la justice ».
Et lors de la rencontre entre la HRF et Mohammed Alhelou, un rapprochement est fait entre ce qu’il a vécu et des informations précédentes connues de la fondation. Il avait en effet été révélé, en octobre 2024, par le journaliste d’investigation palestinien Younis Tirawi, et relayé par une enquête du Morgen, qu’un Belgo-Israélien, originaire d’Uccle, serait membre de l’unité de snipers « Refaim » (fantôme en hébreu), au sein d’un bataillon de l’armée israélienne. L’unité en question est accusée d’avoir tiré sur des civils, et son membre de nationalité belge, A.B., faisait déjà l’objet d’une plainte au pénal portée par l’ABP, l’association belgo-palestinienne.
Un témoin direct des faits
En croisant les déplacements connus et documentés de cette unité de snipers « fantôme » de l’armée israélienne, et la présence de Mohammed Alhelou à l’hôpital Nasser, il est donc apparu que le jeune journaliste palestinien pourrait être une victime, directe ou indirecte, du Belge qui fait l’objet d’une enquête dans notre pays. Raison pour laquelle deux plaintes ont été déposées la semaine dernière auprès du juge d’instruction Anciaux, contre A.B. spécifiquement et contre X., par Mohammed Alhelou et par la Hind Rajab Foundation. Ils ont décidé de se porter partie civile.
Dans chacune de ces plaintes, que Le Soir a pu consulter, l’avocat qui plaide la cause des plaignants, Jan Fermon, retrace largement les faits établis, et ce qui pourrait établir une culpabilité de A.B. De (très) nombreuses photos et vidéos, toutes horodatées, sont jointes au dossier. La défense possède également un témoin, le Dr Almoghrabi, chirurgien de l’hôpital Nasser, qui est prêt à corroborer les faits dénoncés par Alhelou. Ce dernier possède notamment une vidéo, qu’il a tournée lui-même, où l’on voit clairement un sniper.
Il n’empêche, tous ces faits mis les uns à la suite des autres constituent des rapprochements qui interpellent, mais pas des preuves formelles. « Laissons l’enquête se dérouler », balaie toutefois Jan Fermon, qui explique que l’avancée lente du processus, avec des rapprochements petit bout par petit bout, est récurrente dans le droit international. L’absence de lien explicite et certain entre la balle tirée dans le gilet pare-balles du jeune journaliste et A.B. n’arrêtera pas les plaignants. Ils rappellent que même un lien de complicité ou un statut de coauteur des faits peut suffire à poursuivre. A l’heure d’écrire ces lignes, le parquet de Bruxelles n’avait, à la connaissance de Jan Fermon, pas encore donné suite aux plaintes déposées le 9 juin dernier.
lesoir.be/753525/article/2026-…
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